Une offre d’achat immobilier doit être rédigée avec précision lorsque le projet dépend d’un crédit. La condition suspensive d’obtention de prêt permet de proposer un prix au vendeur sans poursuivre l’acquisition si le financement, demandé selon les caractéristiques prévues, n’est pas accordé. Ce modèle vous aide à structurer votre offre et à vérifier les informations à personnaliser avant son envoi.
Pourquoi intégrer une condition suspensive de prêt dans l’offre ?
L’offre d’achat est une proposition écrite par laquelle l’acquéreur désigne un bien et indique le prix qu’il est prêt à payer. Une fois acceptée par écrit par le vendeur, elle peut produire des effets importants. Ce n’est donc pas un simple message d’intérêt. Lorsque le projet repose sur un prêt immobilier, la condition suspensive de prêt doit apparaître clairement pour éviter toute ambiguïté sur le financement attendu.
Calcul de mensualité du prêt immobilier
Estimez la mensualité correspondant au montant, au taux et à la durée mentionnés dans votre condition suspensive.
Résultat indicatif, calculé hors assurance emprunteur, frais de dossier, garanties et autres coûts éventuels. Il ne remplace pas une offre bancaire. Pensez à vérifier la cohérence du montant, du taux et de la durée avec les indications de votre condition suspensive.
Cette condition repose sur un événement futur et incertain : l’accord de la banque. Si le crédit est refusé alors que l’acheteur a effectué les démarches prévues, la condition ne se réalise pas. L’engagement concerné peut alors devenir caduc, selon les termes de l’offre et de l’avant-contrat. La clause doit ensuite être reprise et détaillée dans le compromis ou la promesse de vente.
Offre sous condition et délai de rétractation : deux protections distinctes
La condition suspensive de prêt ne doit pas être confondue avec le délai légal de rétractation. Celui-ci est de 10 jours après la signature du compromis de vente pour l’acquéreur non professionnel. Il permet de revenir sur sa décision pendant cette période. La condition suspensive intervient, elle, si le financement n’est pas obtenu dans le délai prévu. Les deux mécanismes ne concernent donc ni le même moment ni le même risque.
Une clause précise protège la cohérence du financement
Le prix, l’apport, les frais de notaire, les frais d’agence et le montant emprunté doivent être cohérents. Un montant de prêt volontairement sous-évalué pour rassurer le vendeur peut réduire la portée de la protection si le crédit réellement nécessaire est plus élevé. Il est préférable d’indiquer un financement réaliste, calculé sur le coût global de l’opération, plutôt qu’une clause difficile à appliquer.

Les 5 mentions à vérifier avant d’envoyer votre offre
Une offre lisible limite les échanges inutiles avec le vendeur, l’agent immobilier ou le notaire. Les cinq informations suivantes doivent être adaptées à votre situation et relues avant la signature.
- L’identité des acquéreurs : indiquez les nom, prénom, adresse, téléphone et e-mail de chaque acheteur. Si l’achat est réalisé à deux, les deux personnes doivent figurer dans l’offre.
- La désignation du bien : mentionnez l’adresse complète et tout élément utile à son identification, comme le numéro de lot en copropriété, une place de stationnement ou une référence cadastrale pour un terrain.
- Le prix proposé : précisez s’il s’agit d’un prix frais d’agence inclus ou d’un prix net vendeur. Les frais de notaire ne sont généralement pas compris dans le prix affiché et doivent être intégrés au financement.
- Les modalités de financement : indiquez l’apport personnel et le montant du prêt sollicité. La durée maximale du crédit et le taux d’intérêt maximum accepté doivent également être mentionnés.
- La durée de validité : fixez une date et une heure limites d’acceptation. Sans réponse dans ce délai, l’offre expire. Une échéance courte évite de bloquer inutilement votre projet.
Vous pouvez joindre une attestation de financement, une simulation de prêt ou une lettre de confort d’un courtier pour rassurer le vendeur. Ces documents restent facultatifs et ne remplacent pas une clause de prêt correctement rédigée. Évitez de transmettre des informations bancaires trop sensibles ou un RIB au stade de l’offre.
Modèle de lettre à personnaliser
Copiez ce modèle en remplaçant chaque élément entre crochets. Relisez particulièrement le prix et les données du prêt, car ils définissent les limites de votre proposition.
[Vos nom et prénom][Votre adresse][Vos coordonnées]
À l’attention de [nom du vendeur ou de l’agence][Adresse][Lieu], le [date]
Objet : offre d’achat pour le bien situé [adresse complète du bien]
Madame, Monsieur,
Après visite du bien situé [adresse], je soussigné(e) [nom, prénom], vous présente une offre d’achat au prix de [montant en chiffres] euros ([montant en lettres] euros), [frais d’agence inclus / net vendeur, selon le cas].
Cette acquisition sera financée par un apport personnel de [montant] euros et par un prêt immobilier d’un montant maximal de [montant] euros, sur une durée maximale de [nombre] années, à un taux d’intérêt maximum de [taux] % hors assurance.
La présente offre est formulée sous la condition suspensive d’obtention de ce prêt dans un délai de [nombre] jours à compter de la signature de l’avant-contrat. En cas de refus d’un financement répondant aux caractéristiques ci-dessus, et sous réserve de justifier de démarches effectives auprès des établissements sollicités, l’acquisition ne pourra pas se poursuivre.
La présente offre est valable jusqu’au [date] à [heure]. Passé ce délai, elle sera considérée comme caduque si elle n’a pas été acceptée par écrit.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
Signature précédée de la mention « Bon pour achat »
Quels justificatifs et autres clauses prévoir selon votre projet ?
La clause de prêt doit correspondre à des démarches réelles. Conservez les simulations, les demandes de crédit, les réponses écrites et les courriels échangés avec la banque ou le courtier. Si l’avant-contrat exige de solliciter plusieurs établissements, respectez ce nombre. Certains dossiers prévoient, par exemple, la production de refus d’au moins trois établissements bancaires. Ce n’est pas une règle automatique, mais une obligation contractuelle lorsqu’elle est écrite.
| Situation | Clause envisageable | Justificatif utile |
|---|---|---|
| Vente préalable de votre logement | Condition de revente à préciser avec soin | Mandat de vente, offre acceptée ou compromis |
| Projet d’extension ou de transformation | Obtention d’un permis ou d’une autorisation d’urbanisme | Décision administrative |
| Terrain ou limites incertaines | Bornage ou vérification des références cadastrales | Document d’arpentage ou bornage |
| Risque juridique ou technique identifié | Vérification d’une servitude, d’une hypothèque ou d’un diagnostic | État hypothécaire, diagnostics ou acte concerné |
Ces clauses doivent viser un risque concret. Elles doivent aussi être réalisables et préciser les documents permettant d’établir leur réalisation ou leur échec. Pour un prêt relais, une succession, une indivision ou une acquisition avec travaux importants, une relecture par un notaire ou un avocat en droit immobilier apporte une vérification adaptée à la situation.
Envoyer l’offre et sécuriser les étapes suivantes
N’envoyez pas de dépôt de garantie ni d’acompte avec l’offre d’achat. Ce versement intervient, le cas échéant, au stade de l’avant-contrat et dans un cadre sécurisé. À ce moment, les conditions suspensives, le délai d’obtention du prêt et les modalités de restitution des sommes versées doivent être formalisés avec précision.
Pour transmettre l’offre, choisissez une méthode qui établit son contenu et sa date de réception : lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre récépissé ou e-mail horodaté accompagné d’un PDF daté et signé. Conservez le document signé, les pièces jointes et toutes les réponses reçues.
Après acceptation, préparez sans attendre votre dossier de financement et sollicitez les banques dans les délais. Les délais d’obtention du prêt prévus dans les avant-contrats sont souvent de 30 à 60 jours. Ne modifiez pas unilatéralement le montant, la durée ou le taux prévus dans la clause. Si le projet évolue, faites formaliser l’ajustement pour préserver la cohérence du financement et la sécurité juridique de la vente.

