En octobre 2026, les taux moyens de crédit immobilier publiés par CAFPI se situent autour de 3,28 % sur 15 ans, 3,51 % sur 20 ans et 3,59 % sur 25 ans, hors assurance. Ce sont des repères, pas des offres garanties : le taux proposé dépend de votre dossier, de la banque et de la date de négociation. Pour évaluer votre projet, il faut regarder ensemble la mensualité, le TAEG et le coût total.
Les taux actuels : trois niveaux à distinguer selon la durée
Le tableau CAFPI présenté pour octobre 2026 distingue les taux les plus bas, les taux moyens et les taux de marché. Cette distinction évite de prendre une condition réservée aux meilleurs dossiers pour un tarif accessible à tous.
| Durée | Taux les plus bas | Taux moyens | Taux de marché |
|---|---|---|---|
| 10 ans | 2,88 % | 3,20 % | 3,48 % |
| 15 ans | 3,00 % | 3,28 % | 3,71 % |
| 20 ans | 3,20 % | 3,51 % | 3,84 % |
| 25 ans | 3,35 % | 3,59 % | 3,98 % |
Repères CAFPI pour octobre 2026, hors assurance. Les données sont actualisées sur les 15 derniers jours ; les conditions individuelles peuvent différer.
Le taux moyen reflète les dossiers observés, tandis que le barème bancaire constitue un point de départ commercial. Le meilleur taux correspond à des conditions particulièrement favorables. Lorsqu’un indicateur repose sur le premier décile, il décrit le bas de la distribution, et non une promesse pour chaque emprunteur. CAFPI retient au moins 50 dossiers lorsque le volume est représentatif.
Chez Meilleurtaux, les taux négociés annoncés tournent autour de 3,40 % sur 15 ans, de 3,50 à 3,55 % sur 20 ans et de 3,60 à 3,65 % sur 25 ans. Les barèmes standards moyens atteignent 3,86 %, pour une durée moyenne d’environ 23 ans. Ces chiffres ne mesurent donc pas exactement la même chose.
Les baromètres régionaux de CAFPI, Meilleurtaux ou Pretto permettent d’affiner ces repères. Aucune région n’est systématiquement la moins chère : les objectifs commerciaux des établissements et la concurrence locale comptent autant que l’adresse du bien.
Choisir entre 15, 20 et 25 ans avec des mensualités concrètes
Allonger la durée diminue la mensualité, mais augmente généralement les intérêts et ralentit le remboursement du capital. La bonne durée n’est donc pas forcément la plus courte : c’est celle qui laisse une marge suffisante pour les dépenses courantes, l’entretien du logement et les imprévus.

Une simulation comparable pour 200 000 € empruntés
Voici une illustration à taux fixe hypothétique de 3,50 % sur les trois durées, hors assurance et frais. Garder le même taux permet d’isoler l’effet de la durée ; ce tableau n’est pas un baromètre ni une proposition bancaire.
| Durée | Mensualité approximative | Intérêts totaux approximatifs |
|---|---|---|
| 15 ans | 1 430 € | 57 358 € |
| 20 ans | 1 160 € | 78 381 € |
| 25 ans | 1 001 € | 100 374 € |
Passer de 20 à 25 ans libère ici environ 159 € par mois, mais ajoute près de 22 000 € d’intérêts. Si vous envisagez une revente, demandez aussi le capital restant dû à cette échéance : une petite mensualité ne signifie pas que vous constituez rapidement un patrimoine net.
Partir du revenu disponible plutôt que du montant rêvé
Le repère habituel de taux d’effort est de 35 %, assurance comprise, sous réserve des règles applicables et de l’analyse bancaire. Avec 4 000 € de revenus mensuels retenus et aucun autre crédit, cela représente 1 400 € de charges d’emprunt. Avec 200 € de crédit automobile, il reste 1 200 € pour le prêt immobilier et son assurance. Le reste à vivre demeure déterminant.
Le TAEG révèle ce que le taux nominal ne montre pas
Le taux nominal sert à calculer les intérêts. Le TAEG, ou taux annuel effectif global, intègre les coûts nécessaires à l’obtention du financement : intérêts, assurance exigée, frais de dossier, garantie et autres frais obligatoires concernés. Pour comparer deux offres, gardez le même montant, la même durée et des garanties d’assurance équivalentes.
Un taux d’appel peut agir comme un masque : il attire le regard sur les intérêts et laisse les dépenses périphériques hors du champ. Pour le retirer, demandez une lecture en euros : mensualité assurance comprise, somme totale à rembourser et frais payables au départ. Cette décomposition révèle notamment si une économie sur le taux est absorbée par une assurance plus chère.
Selon Service-Public, les seuils d’usure applicables à compter du 1er octobre 2026 sont les suivants pour les catégories de prêts immobiliers concernées :
- 4,09 % pour les prêts à taux fixe de moins de 10 ans ;
- 4,68 % entre 10 ans et moins de 20 ans ;
- 5,40 % à partir de 20 ans ;
- 5,52 % pour les prêts à taux variable ;
- 6,49 % pour les prêts-relais.
Le plafond s’apprécie sur le TAEG, pas uniquement sur le taux nominal. Une assurance coûteuse peut donc bloquer un dossier malgré un taux d’intérêt acceptable. Comparer les assurances à garanties équivalentes peut aider, sans supprimer les protections nécessaires.
Votre profil et le marché expliquent les écarts de taux
Meilleurtaux relève un écart entre profils pouvant atteindre près de 1 point. La banque examine la stabilité des revenus, l’apport personnel, les charges, la tenue des comptes et l’épargne conservée après l’achat. Pour un indépendant ou un salarié aux revenus variables, la régularité des résultats et leur justification deviennent particulièrement importantes.
Pretto conseille un apport couvrant environ 10 % dans l’ancien et 5 % dans le neuf. Il s’agit de repères, pas de seuils universels d’acceptation. L’apport doit notamment permettre d’absorber les frais d’acquisition, sans vous priver de toute réserve de sécurité.
Côté marché, Meilleurtaux constate des barèmes standards moyens à 3,86 % en octobre, contre 3,69 % début septembre. CAFPI relève une hausse de 5 à 8 points de base par rapport à août. Ces évolutions portent sur des indicateurs différents et ne doivent pas être additionnées.
Les taux directeurs de la BCE influencent le coût de refinancement bancaire. Les OAT à 10 ans constituent aussi un repère pour les financements longs. CAFPI signale une OAT à 4,68 % au 24 septembre et une hausse de 0,25 point des taux directeurs le 10 septembre. Cela ne produit toutefois pas une variation automatique et identique dans toutes les banques : leurs marges et leurs objectifs commerciaux interviennent également.
Obtenir une offre adaptée sans attendre le taux parfait
Commencez par fixer une mensualité confortable, puis simulez plusieurs durées avec l’assurance. Votre budget d’achat doit aussi intégrer les frais d’acquisition, les éventuels travaux et une réserve pour les dépenses imprévues.
- Préparez un dossier cohérent : justificatifs de revenus, relevés de comptes, crédits en cours et preuve de l’apport.
- Sollicitez plusieurs établissements : comparez des propositions établies avec les mêmes hypothèses.
- Négociez l’ensemble : taux, assurance, frais, modulation des échéances et conditions de remboursement anticipé.
- Demandez la cause précise d’un refus : endettement, revenus retenus, garantie ou taux d’usure n’appellent pas la même correction.
Un courtier peut orienter le dossier vers des banques adaptées à votre profil ; vérifiez ses honoraires et le périmètre des établissements consultés. Une simulation reste indicative jusqu’à l’accord de la banque. Mieux vaut une offre soutenable et clairement chiffrée qu’un meilleur taux affiché auquel votre dossier n’a pas accès.

